Alors que la campagne électorale est déjà bien entamée, les partis politiques impliqués sont restés plus ou moins discrets sur la question de l’éducation. Durant les dernières années, des constats désolants ont été émis, provenant des enseignants, des parents, et même de l’international. (En octobre 2024, deux chercheurs australiens, Tom Greenwell et Chris Bonnor, ont passés dix jours au Canada pour s’inspirer du modèle d’éducation ontarien, et avaient déploré le système d’éducation québécois, « presque aussi inégalitaire » que le leur.)
Face au mutisme des politiciens et à la demande du journal « La Griffe », Mélanie Hubert, présidente de la fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’est prononcée sur l’importance du sujet en politique : « L’école publique est brisée de plusieurs façon », expose t-elle : L’école est d’abord physiquement brisée ; les bâtisses sont vieilles et n’ont pas toujours de ventilation ou d’air climatisé, en plus d’accueillir toujours plus d’élèves, énumère t-elle. Autrement, la baisse de la taxe scolaire qui finançait directement l’école est également un enjeu, taxe qui a atteint son taux le plus bas depuis de nombreuses années. Quant à la composition des classes… La politique d’intégration ne véhicule pas de mauvaises intentions, mais c’est une charge énorme qu’ont à porter les enseignants que de répondre aux divers besoins des élèves en difficultés, bien souvent surreprésentés dans les classes. On y voit d’ailleurs ici un effet de l’école à trois vitesses qui écrème les classes de ses meilleurs élèves et des mieux nantis, a expliqué Mme Hubert.
Les partis politiques ont certes laissé une petite place à l’éducation dans leurs programmes électoraux, mais malgré cela, il ne s’agit pas toujours de réelles réponses aux enjeux soulevés par la FAE. Un exemple relevé par Mme Hubert est la promesse de déclencher des états généraux proposée par quelques partis. Ce ne serait pas la meilleure façon d’aider l’éducation. En effet, ce qui manque concrètement aux gens sur le terrain, ce sont les ressources pour mettre en œuvre les solutions.
« La FAE ne fait pas de partisanerie politique et nous sommes prêt à collaborer avec tous ceux qui nous tendront la main. » Mélanie Hubert, Présidente de la FAE
Le manque de ressources est indéniable et criant dans le système scolaire. « La pauvreté est un des facteur de l’échec scolaire », rappelle Mme Hubert. C’est (entre autres) la raison pour laquelle le filet social est aussi important. Les élèves, les enfants, ont besoin de soutien, et les enseignants par le fait même. Durant la grève générale illimitée des enseignants en 2023, « Le gouvernement [ de François Legault ] attendait que la population réagisse en défaveur des enseignants, mais ce n’est pas arrivé » et de cette façon, la négociation a été forcée.
Il faut faire davantage confiance aux élus, et aux enseignants, selon la présidente de la FAE. « Il n’y a pas un enseignant qui se lève un matin en pensant à mal. » Les élu.e.s, quant à eux, sont proches de leurs électeurs, ils entendent leurs doléances. Pour aider à réparer le système scolaire brisé, il est donc possible de se faire entendre.