Un reportage de Maélie Thibeault
Cette année, la ligue d’improvisation du Cégep de l’Outaouais – Les Crinqués – célèbre ses 16 ans. Chaque automne, ce sont plusieurs étudiants et étudiantes qui tentent leur chance aux camps de sélection en espérant faire partie de l’équipe. Pourquoi cette activité est si populaire, ici, au Cégep de l’Outaouais? La Griffe s’est rendue dans les coulisses de l’équipe en octobre dernier pour démystifier l’engouement envers l’improvisation au niveau collégial.
Au sein des Crinqués
Au-delà du jeu et des équipes – composées actuellement des Bleus, des Mauves, des Roses et des Verts – le climat de la ligue est convivial. Avant chaque match, Les Crinqués se réunissent, échangent et s’amusent ensemble. C’est l’occasion pour eux de détendre l’atmosphère avant d’entrer sur scène.
Sam Brière, capitaine des Mauves, compare l’ambiance des Crinqués à celle d’ « une famille », où « tout le monde s’aime ». Plusieurs autres joueurs nous ont décrit la ligue de la même manière. Odrik Pilon, qui est nouveau cette année, dit s’être senti très bien accueilli par le reste de l’équipe. Le milieu de l’improvisation semble être un espace positif pour tous !
Olivier Saint-Pierre, de l’équipe des Bleus, nous a donné sa vision de l’improvisation :
« L’impro, pour moi, c’est surtout les personnes qui sont là. C’est une vibe assez unique de gens qui s’aiment tous, qui sont super bienveillants, qui sont tous drôles en tabarnak. C’est aussi de faire rire le monde sur scène. »
La passion commune de provoquer des réactions chez le public et de laisser aller sa créativité semble être l’origine de la fraternité entre les improvisateurs !
Et de façon individuelle ?
Bien que l’improvisation avantage la vie sociale des joueurs, elle est aussi grandement bénéfique pour leur bien-être. Évelyne Carbonneau et Émy Beauséjour, numéros 4 et 5 de l’équipe des Bleus, nous en ont discuté :
« C’est une activité où tu peux à la fois décrocher et te dépasser. » Évelyne précise son idée : « Ça te permet de sortir de ta zone de confort. Au début, moi, l’impro j’haïssais [ça] parce que j’arrivais pas préparée et j’avais l’impression de me ridiculiser, mais après, je me suis rendu compte que c’était un endroit où on peut juste s’amuser. Ça m’a permis d’être moins gênée » dit Évelyne.
« J’ai commencé l’impro en secondaire 1, et depuis, je vois vraiment une différence dans ma confiance en moi et j’ai aussi moins peur du jugement. Je trouve que l’impro ça aide vraiment à être plus ouvert » renchérit Émy.
L’improvisation expose aussi les joueurs à toutes sortes de situations, plus ou moins loufoques, qu’ils pourraient vivre au quotidien. Le fait de ne pas avoir de plan précis sur le jeu les force à créer rapidement. Cela les aide notamment à développer leur débrouillardise, leur sens de la répartie et leur imagination ; trois compétences très utiles à avoir, et ce, peu importe leur domaine d’étude !

Les Roses sont en pleine action.
À votre tour !
Vous êtes intéressés par l’improvisation, mais vous n’avez jamais eu l’occasion de l’essayer ? Pourquoi ne pas tenter l’équipe l’an prochain !
Si l’improvisation peut vous sembler menaçante — que ce soit le fait de monter sur scène, de parler devant un public ou de trouver des idées — sachez que vous n’êtes pas seul et que ce n’est pas anormal de se sentir ainsi. Plusieurs joueurs, se décrivant eux-mêmes comme introvertis, avouent avoir eu peur avant de commencer à être à l’aise sur la patinoire.
Alexandre Quirion, capitaine des Verts, vous rassure :
« C’est vraiment un endroit qui est super tolérant. Personne va te juger si tu joues moins bien parce que tu es nouveau ou pour une autre raison. Les gens sont tellement gentils, ils sont tellement accueillants. Le public aussi. C’est sûr que ça peut faire peur de jouer devant un public, mais c’est en essayant des choses qu’on apprend. Je connais personne qui, en faisant de l’impro, s’est rendu compte que c’était une mauvaise décision. Il y en a qui se sont rendus compte que c’était pas fait pour eux, mais ils étaient heureux d’avoir testé ça. »

Les joueuses Anne-Rose Lefebvre et Maéva Lapratte-Lecompte retournent voir leur équipe après une improvisation.
Nous avons demandé à Geneviève Perrier-Proulx, coach des Crinqués depuis environ sept ans, ce qu’elle conseillerait à quelqu’un qui aurait envie d’essayer l’improvisation, mais qui craint de commencer. Elle nous a répondu avec enthousiasme :
« Ah ! Fais-le ! Fais juste le faire ! En impro, on s’en fout, c’est ça qui est le fun. Si tu fais une impro que tu juges mauvaise, on efface et on recommence. Il y en a une nouvelle après. Personne n’en reparle. Ça te fait vraiment découvrir beaucoup sur toi aussi. Tu découvres des choses que tu pensais peut-être pas. Ça aide pour ta gêne, ça aide pour un million d’affaires. Fais juste le faire. »
Geneviève, qui a commencé l’improvisation à l’âge de 14 ans, considère les joueurs « comme ses enfants ». Bien qu’elle arbitre les matchs, son rôle au sein de la ligue n’est pas seulement de montrer le jeu aux improvisateurs. Elle est aussi présente pour les soutenir et les guider sur le plan personnel. « J’aime ça pouvoir être là et pouvoir les entourer, » nous a-t-elle confié. Comme quoi Les Crinqués semblent réellement être une famille !
Vous avez envie d’essayer l’improvisation l’an prochain, mais vous n’êtes pas familier avec le déroulement du jeu ? Venez voir un match ! Cette expérience divertissante (et gratuite !) est accessible à tous.
Voici l’horaire pour la session d’hiver 2026 :
Studio-théâtre du campus Félix-Leclerc
- Le mercredi 28 janvier
- Le mercredi 25 février
- Le mercredi 25 mars
- Le mercredi 22 avril (demi-finales)
Café Contraste du campus Gabrielle-Roy
- Le mercredi 11 février
- Le mercredi 11 mars
- Le mercredi 8 avril
- Le mercredi 29 avril (finale)
Les matchs commencent à 19 h et prennent fin vers 21 h.